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Transport & Infrastructure​

Les ports de La Spezia et de Carrare s’équipent de générateurs hydrogène

En cas de coupure de courant dans les ports de La Spezia et de Carrare, les infrastructures resteront fonctionnelles grâce à plusieurs générateurs efficients et durables.

Groupes électrogène à hydrogène dans le port de Carrare

Alimentation de secours pour un site critique

Dans un port, une coupure de courant n’est jamais un simple désagrément. Les portails, le contrôle d’accès, l’éclairage du site, les systèmes de pompage, etc., doivent tous continuer à fonctionner, quoi qu’il arrive avec ou sans le réseau électrique. Pendant des décennies, le secours au réseau était assuré par des générateurs diesel en veille qui désormais cèdent la place à une solution plus durable et plus efficace fonctionnant à l’hydrogène.

Les ports de La Spezia et de Carrare ont choisi de déployer plusieurs systèmes d’alimentation et générateurs piles à combustible GEH2®.

Des ports italiens plus durables

L’ Autorité Systémique Portuaire de la Mer Ligure Orientale souhaitait maintenir un niveau de fiabilité de ses sites tout en éliminant le diesel de l’équation.

Dans le cadre du programme « Green Ports » issu du plan de relance italien, financé par NextGenerationEU pour soutenir la transition énergétique des infrastructures portuaires italiennes, elle a choisi la technologie d’EODev pour alimenter ses installations en cas de coupure soudaine du réseau électrique.

Chiffres clés

610 kVA

d’énergie de secours

Deux

ports mis en service

Six

générateurs déployés

La plus grande installation de secours signée EODev à ce jour

Six générateurs à pile à combustible (GEH2®) assurent désormais la protection des systèmes critiques des deux ports en remplacement des générateurs diesel initialement présents.

Configuration de l’alimentation de secours

Piloté par BluEnergy Revolution, le projet a permis d’installer quatre GEH2® à La Spezia, fournissant jusqu’à 440 kVA de puissance de secours, et deux unités sur le port de Carrare, ajoutant 220 kVA supplémentaires.

Chaque générateur est raccordé à son propre rack d’hydrogène, entreposé dans une zone dédiée à proximité immédiate des unités. Ensemble, ces six unités déliverent 660 kVA de puissance de secours zéro émission, sans aucune particule ni odeur et avec une nuisance sonore minimale sur les quais.

GEH2 port de Carrara

Distribution d'hydrogène sur mesure

Une installation sur-mesure

Chaque port a adapté son installation afin de garantir une intégration parfaite des unités GEH2® et du système de stockage d’hydrogène dans l’infrastructure existante. Pour sécuriser l’accès au site et surtout à la zone ATEX du stockage d’hydrogène, un bâtiment dédié a été construit pour abriter les racks de gaz et les platines de régulation de pression, qui sont reliés à chaque groupe électrogène.

  • Au port de Carrare, les armoires GEH2® et électriques ont été clôturées afin de garantir la sécurité du site.
  • À La Spezia, chacune des quatre armoires d’hydrogène est installée dans un espace dédié, équipé de systèmes de détection supplémentaires afin d’éliminer tout risque d’inflammabilité.

Quand l’hydrogène prend le relais en cas de panne du réseau

Pour les équipes électriques, l’architecture ne réserve aucune surprise : l’intégration suit le schéma habituel de l’alimentation de secours. Un contrôleur de réseau DEIF, situé dans le tableau électrique, surveille le réseau et, dès qu’il détecte une coupure, met les générateurs en marche.

Les premiers instants sont pris en charge par la batterie intégrée à chaque GEH2®, qui prend immédiatement le relais. Ensuite, le système à hydrogène entre en action : le système se met sous pression, puis les modules de piles à combustible démarrent. À partir de là, chaque unité peut fonctionner pendant plusieurs heures grâce à sa propre réserve d’hydrogène, jusqu’au rétablissement du réseau.

Armoires électriques port de Carrare

Equipe eodev et blue energy

Un projet collaboratif de A à Z

Après avoir quitté l’usine d’EODev pour être acheminées directement en Italie, les unités ont été mises en service par notre équipe après-vente, en collaboration avec l’équipe de BluEnergy qui a dirigé l’installation, avec le soutien de l’Autorité portuaire de la mer Ligure orientale.

« Il s’agit de notre plus grande installation de secours avec des GEH2® à ce jour, » says Adrien Dumoux, Ingénieur Support Technique chez EODev. « L’équipe de BluEnergy était bien préparée et désireuse de comprendre la technologie. Nous avons hâte de mener à bien notre prochain projet ensemble.« 

« EODev ne s’est pas contenté de fournir des générateurs à hydrogène, son équipe a également apporté son expertise, son assistance technique et partagé sa vision industrielle.« 

Marco Ferrando, Chef de Projet chez BluEnergy

Aperçu de l’installation du port de La Spezia

cadres d'hydrogène

Bâtiment sur mesure destiné au stockage d’hydrogène

GEH2 port de La Spezia

Bâtiment habritant les générateurs à hydrogène GEH2®

Vous avez une question,
nous avons la réponse.

A quoi sert l’hydrogène ?

Jusqu’à présent principalement utilisé comme matière première pour la chimie et le raffinage pétrolier, l’hydrogène est de plus en plus identifié comme vecteur énergétique d’avenir en raison de ses facultés de stockage et du fait que son utilisation n’émet pas de CO2. Il se présente aujourd’hui comme un substitut possible aux hydrocarbures, et un moyen efficace pour faciliter l’intégration des énergies renouvelables. Si les 75 millions de tonnes d’hydrogène produites par an dans le monde sont pour l’instant issues à plus de 95% d’énergies fossiles, les nouvelles technologies permettant de produire de l’hydrogène décarboné continuent à gagner en maturité. La production d’hydrogène à partir de biomasse ou par électrolyse est soutenue par l’émergence d’une nouvelle demande pour de « l’hydrogène vert ».

Dans l’industrie, le recours à un hydrogène décarboné devrait intervenir dans les procédés utilisant traditionnellement de l’hydrogène fossile comme la production d’ammoniac et le raffinage du pétrole, mais également dans de nouveaux procédés en substitut d’autres matières fossiles. Les projets d’expérimentation de nouvelles voies d’intégration d’hydrogène décarboné ou de valorisation d’hydrogène fatal dans les chaînes de production se sont ainsi multipliés ces dernières années, et la loi énergie climat 2019 fixe un objectif de 20 à 40% d’hydrogène bas carbone et renouvelable à l’horizon 2030.

Dans les transports, les véhicules hydrogène représentent une alternative de choix pour répondre aux défis de la mobilité durable. Ils ne rejettent que de l’eau, disposent d’une autonomie équivalente à un véhicule à combustion et se rechargent rapidement. En plus de la multiplication du nombre de modèles de voitures hydrogène, l’année 2019 aura été marquée par l’accélération de la dynamique du ferroviaire hydrogène avec la multiplication des commandes du train développé par Alstom, et par l’intérêt grandissant des collectivités locales pour le déploiement de lignes de bus à hydrogène.

Dans le cadre d’un mix électrique futur toujours plus renouvelable, le vecteur hydrogène énergie permet de pallier l’intermittence des énergies renouvelables en stockant, sous forme gazeuse, l’électricité excédentaire produite lors des périodes de forte production et de faible consommation (Power to Gas). Le stockage d’énergie rendu possible par l’hydrogène permet aussi d’étendre les perspectives de l’autoconsommation à l’échelle d’une maison, d’un bâtiment ou d’un village.

Avantages de l’hydrogène sur une solution « tout batteries » ?

Alors que les batteries fournissent une énergie immédiate court terme, l’hydrogène agit en prolongateur d’autonomie sur le long terme. L’exemple du bateau Energy Observer illustre grandeur nature l’immense avantage massique de l’hydrogène en comparaison des batteries. Alors que le parc batteries pèse 1400kg pour 112 kWh, le stockage hydrogène et la pile à combustible pèsent au total 1700kg pour 1000 kWh. Rapporté au kilogramme, 1kWh pèse donc 12,5kg lorsqu’il est stocké dans des batteries, et seulement 1,7kg lorsqu’il est stocké sous forme d’hydrogène. En d’autres termes, cela signifie qu’à poids égal, le stockage hydrogène contient 7,35 fois plus d’énergie que le stockage batterie, soit un atout considérable pour la mobilité, qu’elle soit maritime, terrestre, ou même aérienne. Pour plus de détails, voir aussi l’exemple d’application développée à bord des Hynova 40, et l’article sur l’hybridation pile à combustible – batteries à retrouver ICI.

Combien d’énergie contient l’hydrogène ?

En terme d’énergie « contenue » : 1 kg d’ H2 = 11 Nm3 = 13,6L d’ H2 liquide = 23,3L d’H2 à 700 bars et contient 33 kWh d’énergie produit par 52 kWh d’électricité (en pratique industrielle, le rendement est de 63% par électrolyse avant compression ou liquéfaction). Un litre d’ H2 liquide pèse 73,5 g et contient 2,4 kWh donc 4 litres H2 liquide = 9,6 kWh. Un litre d’ H2 à 700 b pèse 43g et contient 1,4 kWh donc 7 litres H2 à 700 b = 9,8 kWh On en déduit en terme d’énergie (approximativement) : 1 litre essence = 9 kWh = 3000 l d’ H2 (à Patm) = 7 litres H2 / 700 b = 4 litres H2 liquide / -253°C.

Comment est produit l’hydrogène utilisé couramment ?

À l’heure actuelle, 95% de l’hydrogène produit en France est d’origine fossile, comme près de 99% de celui produit dans le reste du monde. Cet hydrogène est obtenu le plus souvent à partir du procédé de vaporeformage du méthane, le composant principal du gaz naturel. Chaque kg d’hydrogène produit ainsi émet 12 kg de CO2, et son prix de revient varie de 1 à 2.5€ par kg. Près de 45% de la production mondiale est issue de cette technique.

Environ 25% de la production d’hydrogène provient de « co-production » de produits raffinés issus d’hydrocarbures, qu’on appelle alors hydrogène « fatal ». Son coût de production est variable puisqu’il s’agit ici d’un « résidu » de production d’autres éléments chimiques, et donc son empreinte carbone l’est aussi.

Une troisième filière utilise le charbon, brûlé à très haute température (1200 à 1500°C) pour séparer l’hydrogène — qu’on devrait appeler dihydrogène H2 — du CO2, sous forme de gaz. Cette production, environ 30% du total, permet d’obtenir un hydrogène dont le prix de revient au kg oscille entre 1,5 et 3€ le kg, mais libère 19kg de CO2 par kg d’hydrogène.

Il s’agit là de modèles industriels qui fabriquent de l’hydrogène « gris ». L’hydrogène « vert », qui ne contribue qu’à moins de 1% de la production mondiale (environ 5% en France), provient de l’utilisation d’énergies décarbonées ou renouvelables (solaire, éolien…). L’électrolyse de l’eau, qui permet une empreinte carbone nulle ne représentait en 2019 que 0,1% de la production mondiale d’hydrogène, du fait d’un coût relativement prohibitif en comparaison des autres modes de production, un kg d’hydrogène revenant entre 3 et 12€ pour sa seule production (hors coût de transport, de distribution…).

Pour permettre le déploiement à grande échelle d’un « hydrogène vert », l’électrolyse à partir d’une source d’énergie renouvelable fait partie des voies d’avenir de la filière, et c’est clairement l’une des voies tracées par le plan de relance de 2020, pour faire de la France et de l’Europe des champions de la production d’hydrogène « vert ».

Est-ce qu’une pile à combustible est comme une batterie ?

Une pile à combustible est faite de métal, de graphite, d’électrodes et son processus est effectivement chimique. Le système REXH2® conçu par EODev s’appuie sur la technologie de pile à combustible Toyota. Le système de pile à combustible Toyota a déjà prouvé ses avantages pendant de nombreuses années dans la Mirai, mais plus récemment aussi dans d’autres applications telles que les bus et les camions. Son utilisation pour le transport maritime est à nouveau un pas de plus vers le développement de la société de l’hydrogène.

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